Retrouvez votre ancrage avec vous-même et avec la vie

Mon avis sur le livre Retrouver l'accord perdu du Dr Louis Fouché et de Jean-Dominique Michel

Je viens de terminer la lecture du livre Retrouver l'accord perdu du Dr Louis Fouché et de Jean-Dominique Michel paru chez Guy Trédaniel éditeur.


Le Dr Louis-Fouché est médecin anesthésiste-réanimateur, conférencier et essayiste.

Jean-Dominique Michel est anthropologue de la santé et spécialiste de la salutogenèse et des neurosciences comtemplatives, enseignant et conférencier.


Le livre est écrit sous forme d'un constant dialogue entre les deux auteurs. Dans l'introduction, ils prennent exemple sur les stoïciens pour nous expliquer ce que nous allons trouver dans ce livre. Puis, ils nous parlent un peu d'eux (ils continueront d'ailleurs à le faire tout au long du livre). Et vient ensuite le mode d'emploi du processus maïeutique proposé à la fin de chaque chapitre, qui nous invite à se raconter.


Ils commencent par évoquer la connaissance de soi et la relation que nous avons avec nous-même.
Puis ils nous invitent à renouver avec nos ancêtres, notre lignée. 
Ensuite, ils nous proposent de renouer avec notre corps, notre être entier, d'habiter ce que l'on est.  
Puis il nous expliquent l'importance de se reconnecter à la nature, d'entrer en résonance avec ce qui nous entoure. 
Nous explorons ensuite l'univers des émotions et des pensées, leurs mécanismes et leurs failles.
Puis ils évoquent la relation à l'autre et aux autres, la dépendance, la différence, la diplomatie et les rituels pour nous apprendre à faire sens avec soi et avec les autres.
Ensuite, nous traversons avec eux les différents âges de la vie.
Puis, ils abordent les deux vastes sujets, les deux valeurs fondamentales que sont l'amour et la beauté.
Enfin, ils nous proposent d'approfondir ce que nous venons de voir et de le mettre en pratique, et ils nous expliquent le self-talk.


Voici un extrait :
"Le sauvage en nous

C'est précisément parce que nous avons étendu la domestication sans limite que le sauvage finit par revenir. Nous avons mis la nature en coupe réglée. Notre propre corps, nos émotions et notre emploi du temps. Nous avons cru pouvoir tout administrer, tout mesurer, tout rendre prévisible et confortable. Nous avons transformé le vivant en une matière docile. Mais ce qui est trop domestiqué finit par devenir stérile ou se rebeller.

Le sauvage, refoulé, ne disparaît pas. Il s'accumule, fermente et attend son heure. Et il revient inconfortable, brutal, et parfois violent. Notre désaccord avec la nature provient au fond d'une terreur de la part sauvage cachée en nous. Elle s'invite comme une refécondation nécessaire. Le sauvage indomptable vient réinjecter de la vie, de la force et de l'aléa, dans un monde devenu trop lisse, trop aseptisé et trop prévisible.

Le retour du sauvage et la résistance du domestique se manifestent dans le conflit ouvert qui oppose aujourd'hui le loup et les bergers dans les Alpes et les Pyrénées. D'un côté, un pastoralisme industrialisé, condamné à la rentabilité, avec des troupeaux immenses confiés à des vacataires qui connaissent à peine leurs bêtes ; de l'autre, des gestionnaires de parcs naturels qui rêvent d'une nature douce et bienveillante, intégralement réglementée, sans vouloir admettre que le sauvage, inévitablement, convoque la question de la transgression et de la violence.

À l'intérieur de nous, le sauvage aussi vient toquer à la porte pour laisser sortir ce qui a été trop longtemps tenu en laisse. Certaines pratiques corporelles, comme la posture du lion dans le yoga, l'abordent de front. À quatre pattes, on ouvre grand la bouche, on tire la langue, on écarquille les yeux, et on laisse sortir un râle venu du fond de la gorge. Évidemment, cela donne l'air d'un clown. Mais c'est une invitation délibérée à laisser remonter la bestialité ordinaire que la vie sociale exige de contenir. Le domestique trop parfait est une prison. Le sauvage n'est pas l'ennemi, il est la libération."


A la suite des crises qui se sont enchaînées, un malaise, un désaccord intime s'est petit à petit installé, que ce soit avec soi, avec les autres, avec le vivant. Les auteurs font de ce constat le point de départ d'un chemin de réconciliation.

Ils ne cherchent pas à nier la difficulté, mais veulent trouver, sous la négativité ambiante, ce qui reste de bon et de beau. Trouver du sens à ce que nous traversons, se donner des clés de lecture, et surtout retrouver un pouvoir d'agir : voilà ce qu'ils proposent comme une forme de résilience. Non pas une paix intérieure repliée sur elle-même, mais une paix qui se prolonge dans notre rapport au monde.

Mais, pour cela nous avons besoin de retrouver un ancrage, de renouer avec ce qui nous constitue en profondeur : nos ancêtres, notre corps, notre âme, la nature qui nous entoure. Il nous faut nous souvenir, en somme, de qui nous sommes et cultiver la bonté, pas par naïveté, mais pour ne pas devenir le reflet de ce que l'on dénonce. 

Ils nous rassurent et nous motivent en nous montrant que ce lien n'est jamais rompu qu'en surface, et qu'il nous revient de le retisser.

C'est pour moi Le livre qu'il faut absolument lire en cette rentrée. 

Bon d'accord je suis un peu partiale car j'admire profondément les 2 auteurs. Je suis admirative devant autant de gentillesse, d'empathie et de profondeur d'esprit. Non seulement les lire et les écouter élève notre esprit mais nous apaise également. 

Mais, n'empêche ce livre a vraiment un effet thérapeutique, il est l'antidote indispensable à la négativité ambiante et il est salutaire pour pouvoir survivre dans ce monde.


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